A quel public s'adresse La Cité?

Le journal s’adresse aux lectrices et lecteurs de la presse écrite. Ce public cible se caractérise par les traits suivants:

- il ne peut se passer de la lecture de la presse écrite (sur écran ou sur papier);

- prend le temps de la lecture et affectionne les articles longs proposant une mise en perspective des événements et restituant les enjeux fondamentaux pour leur compréhension en profondeur et en largeur;

- paie sans broncher pour accéder à la lecture des articles de presse (sur écran ou sur papier);

- n’aime pas se laisser influencer et se laisser dicter une vision des choses, il est conscient de l’importance du rôle du journalisme dans la démocratie. 

En ce sens, La Cité n’est pas à proprement parler un journal «grand public». Les lectrices et lecteurs correspondant au profil mentionné ne constituent pas pour autant une «élite». Ils-elles sont représenté-e-s dans toutes les catégories socio-professionnelles et sont uni-e-s par l’exigence d’une presse de qualité résolument indépendante.

En Suisse, ce profil est généralement celui d’un-e abonné-e fidèle à un quotidien et/ou à un périodique, qui achète souvent d’autres journaux en kiosque. La Cité a pour ambition de gagner une place comme «deuxième  journal» en offrant à ce lectorat le choix de la complémentarité.

Nous faisons le pari que l’audience pour une presse de qualité et pertinente ne fera qu’augmenter en Suisse.


Pourquoi faites-vous appel uniquement à vos (futurs) lecteurs et pas à un mécène?

En réalité, nous faisons appel à une foule de (petits) mécènes. Les abonnements fondateurs de La Cité représentent autant d'actes de philanthropie mais aussi une exigence de renouveau.

Nous sommes persuadés que l'avenir de la presse dépendra de la mobilisation des lecteurs-citoyens. Depuis bien des années, on assiste (passivement) aux mutations du paysage de la presse écrite.

Trois acteurs composent ce paysage:

- celles et ceux qui font les journaux (journalistes, photographes, secrétaires de rédaction, etc.);

- celles et ceux qui lisent les journaux;

- celles et ceux qui financent majoritairement les journaux.

Cette dernière catégorie domine, elle fait la pluie et le beau temps.

La Cité a pour ambition de liguer celles et ceux qui lisent les journaux avec celles et ceux qui les font afin de canaliser leur ras-le-bol ainsi que leurs aspirations à avoir une prise sur les mutations du paysage de la presse écrite.

Pour la première fois, un journal se propose de devenir le porte-parole d’un lectorat exigeant qui veut reprendre ses droits sur le marché et la marche des médias en Suisse.

Créer La Cité, c’est notifier à celles et ceux qui prennent les décisions en haut lieu que les lecteurs et les lectrices veulent, par le bas, avoir leur mot à dire.

La Cité a été voulue par des lectrices et lecteurs réclamant que le pouvoir se déplace vers celles et ceux qui donnent du sens à l’information.

Ce lectorat entend soutenir le rôle civique des journaux plutôt que leur potentiel à rémunérer les actionnaires.

Ces trente dernières années, une centaine de titres ont disparu en Suisse. Il y a de moins en moins de journaux pour surveiller les différents pouvoirs.

Au nom de ces lecteurs-citoyens de tous bords confondus, La Cité interrogera et surveillera ces pouvoirs.

En créant La Cité, ses abonnés-mécènes contribuent également à régénérer le tissu de la presse écrite en Suisse en encourageant sa rédaction à réinventer la manière de pratiquer le journalisme (voir à cet effet la question-réponse au sujet du «journalisme humaniste»).


Quelle est l'identité de La Cité?

En lieu et place d'"identité", un terme phagocyté par le discours politique, nous préférons parler de "traits de caractère".

Au niveau graphiques, ces traits sont:

- l'élégance, la sobriété, la créativité.

Pour ce qui est du contenu du journal, nous nous définissons par:

- l'honnêteté, la sincérité, la ténacité et une attitude de recul.

La Cité explique, raconte, éclaire, ne conditionne pas ni n'apostrophe. Le journal cultive un ton respectueux en proscrivant les ricanements cyniques, les jugements de valeur négatifs sur les personnes ainsi que les insinuations malveillantes.

Par ces traits, nous entendons nous profiler comme des "gentlemen" de l'information.


Pourquoi un journal papier?

La Cité se construit «par le bas». Elle se fonde sur l’apport de ses abonnés (principalement les «fondateurs» puis les «ordinaires») qui en constituent la raison d’être. Eux seuls ont un pouvoir de vie (ou de mort) sur le journal, et ce sont eux qui décident donc des modalités de sa diffusion.

Les lectrices et lecteurs ont leurs habitudes de lecture, certains souhaitant tenir un journal papier entre les mains, d’autres se plaisant à faire défiler ses pages sur un écran d’ordinateur ou sur une tablette numérique.

Pour nous, le choix du support revient aux lectrices et lecteurs.

Emettons une hypothèse et imaginons que La Cité compte 10’000 abonnés et que 9000 d’entre eux choisissent de s’abonner au journal sur tablette numérique, les 1000 restants réclamant le journal papier dans leur boîte aux lettres.

Nous imprimerons alors 1000 exemplaires en papier, auxquels s’ajouteraient bien entendu les copies destinées aux kiosques, aux librairies et à la distribution promotionnelle.


Pourquoi La Cité ne deviendrait-elle pas un pure player, un journal uniquement en ligne?

La réponse à cette question est en grande partie dans ce qui vient d’être dit (cf. question-réponse précédente).

On ajoutera que La Cité se démarque en ce sens des titres qui procèdent «par le haut». Munis d’un capital de départ, les journaux naissants (ou changeant de propriétaire) choisissent et imposent la formule à proposer au lectorat: ils sont ou deviennent parfois des pure player, tels Rue89, Mediapart ou The Daily (ce dernier étant publié uniquement sur tablette numérique).

Ces titres ne changeraient très probablement pas leur format, même si les lecteurs le réclamaient. Les journaux qui sont passés du papier au web l’ont fait sous la contrainte financière.

Dans l’autre sens, verrait-on Mediapart en kiosque? Improbable, car l’Internet joue un rôle central dans la ligne éditoriale de ce journal comme de bien d’autres à son image.

La Cité, elle, met au centre de sa ligne éditoriale le lecteur et ses habitudes de lecture. Journal en PDF, sur tablette numérique, journal papier, ou tout cela à la fois, les lectrices et lecteurs décideront par leur choix de la forme à donner à la diffusion du journal.


Qu'entendez-vous par "journalisme humaniste"?

Dans la charte éditoriale de La Cité, nous définissons le journalisme humaniste en ces termes:

"Le journal La Cité se veut l’expression d’un journalisme humaniste, c’est-à-dire au service des êtres humains et, à ce titre, indissociable de l’exigence d’indépendance. Il donne la primauté à la circulation des idées, des opinions, du savoir et de la culture. Le journal entend créer un espace de débat et de critique en vouant une attention particulière à la préservation des libertés publiques et aux questions sociales et environnementales. Il cherche à favoriser l’exercice de la citoyenneté contre la dégradation de la culture politique et du vivre ensemble."

En réalité, la pratique de ce genre de journalisme va bien au-delà de ces quelques lignes.

Tout d’abord, une précision: le terme humaniste «qualifie» notre action. En soi, l’humanisme ne constitue pas la finalité de notre travail.

Il lui confère en revanche du sens, sur deux niveaux:

- le journalisme «humaniste» se veut une catégorie de la connaissance et du savoir. S’inspirant des idéaux humanistes des Lumières, ce journalisme opère dans le but d’élever les connaissances des femmes et des hommes et de les aider ou accompagner dans l’exploration et la compréhension d’un monde complexe.

Le journal se veut à cet effet un carrefour d’idées, un lieu de la pensée ouverte et dialectique. Il promeut un journalisme de lien social qui reste un mode de représentation du réel, au même titre que les disciplines produisant du savoir et de la culture: la photographie, le cinéma, la littérature, la peinture, la sculpture, la philosophie…

Notre slogan est: La Cité transforme l’info en savoir.

Dans ce but, nous nous faisons les précurseurs en Suisse d’un journalisme «augmenté», fondé sur une alliance entre journalistes, chercheurs universitaires, savants et créateurs visuels (photographes créatifs, graphistes, peintres etc.).

Cette alliance s’élargira aux «geeks» et aux diffuseurs de savoir dans les réseaux sociaux ainsi qu’aux libres penseurs, bref à celles et ceux qui explorent de nouvelles frontières de la connaissance et de la pensée.

Une rédaction ne suffirait visiblement pas à réunir tous ces acteurs, il faut bien pour cela une «Cité».

- le «journalisme humaniste» se place en dehors de la logique des rapports de force politiques et économiques. Bloc contre bloc, gauche contre droite, la crédibilité des journaux est souvent écornée par leur appartenance plus ou moins déclarée à un bord partisan ou à leur asservissement aux impératifs de rentabilité ou à des catégories socioprofessionnelles.

En Suisse, le paysage de la presse écrite est entièrement occupé par des journaux «marchands» ou «militants». La Cité propose une troisième voie rompant avec les schémas traditionnels.


Souscrire un abonnement fondateur équivaut-il à acheter une "part sociale"?

Les montants versés (200, 500 ou 1000 francs) ne correspondent pas à "une part sociale". Il s'agit d'abonnements dit "fondateurs" traduisant l'engagement et la volonté des lectrices et lecteurs de voir éclore un nouveau titre de presse dans le paysage de la presse écrite suisse.

Ces versements donnent droit à un abonnement annuel, soit du numéro 1 au numéro 24.

Ensuite, au terme du premier cycle de 24 parutions, les abonnés fondateurs auront le choix entre un abonnement ordinaire, de soutien, un abonnement web (pdf) ou éventuellement sur iPad (lorsque cette application sera disponible). Si en revanche le journal les a déçus, ils choisiront alors de résilier leur adhésion.

L'abonnement fondateur ne traduit pas un engagement à long terme et n'est pas transférable.